Kenny Cairo (1996, Guadeloupe) est un artiste sonore basé en Guadeloupe. Son travail explore les intersections entre l’humain, l’enregistrement sonore, et les technologies d’information et de communication. À travers des œuvres multimédias, il cherche à capturer l’essence de l’interaction entre ces mondes, en utilisant le son, l’image et la performance comme langage universel. Ses créations interrogent la manière dont l’individu se connecte à son environnement, en fusionnant éléments organiques et numériques. Pour sa pratique artistique, il collecte sur ses terrains de recherche des documents visuels et sonores, qu’il transforme grâce à des outils numériques. L’expérimentation est au cœur de son processus, où chaque projet est une invitation à découvrir des réalités nouvelles.
La recherche menée dans le cadre d’un master (2022) à l’École des hautes études en sciences sociales, sous la direction de Jean-Marc Besse, constitue un tournant décisif dans son parcours. Intitulée « Le paysage sonore urbain : enquête et création – Porte de la Chapelle », elle explore la richesse des interactions entre l’enregistrement sonore et les relations sociales. À partir d’enregistrements réalisés auprès de jeunes adolescents et adolescentes fréquentant le quartier de la Porte de la Chapelle à Paris, une mosaïque sonore composée de voix humaines, de récits spontanés, de musiques et des sons du quotidien, témoignant d’une immersion dans la diversité du paysage sonore parisien se trame. Cette expérience a abouti à la composition de « Que des bonnes nouvelles », interprétées par orchestre de haut-parleurs au Conservatoire George Bizet. La même année, sa composition « Balade en métro » a été été diffusée au Festival international Jean Rouch.
Entre 2023 et 2024, il exerce en Guadeloupe en tant que bibliothécaire à l’Université des Antilles. Il explore le commissariat d’exposition, ayant notamment piloté le projet sonore et la rencontre littéraire « Ti Pwen Poétik », conviant les autrices Dory Sélèsprika et Murielle Clodine-Florent ; ainsi que « Le Graffiti pour dire la Caraïbe » en collaboration avec le graffeur Yeswoo et les étudiants de l’Université.
En 2024, il est lauréat des programmes La Relève initié par le Ministère de la Culture, et Ondes, porté par le Ministère des Outre-mer et la Cité internationale des arts. La même année, il débute une collaboration avec le chorégraphe guadeloupéen Hubert Petit-Phar, pour lequel il réalise une composition audiovisuelle pour le solo chorégraphique
« Outre-rage ».
En 2025, son installation sonore « Dégâts mineurs » sera présentée à la Galerie de la Cité internationale des arts, lors de l’exposition collective « D’ici 60 ans : Relayer », sous le commissariat de Nataša Petrešin-Bachelez et d’Ana Janevski du Museum of Modern Art de New-York.
En 2026, sa collaboration avec le chorégraphe Hubert Petit-Phar pour le solo Outre-rage sera présentée au sein de plusieurs événements en France et à l’international.